MIEUX CONNAÎTRE LE PAPIER

COMMENT CHOISIR LE BON PAPIER NON COUCHÉ

Article écrit par Michał Büthner-Zawadzki, Conseiller papier Arctic Paper Polska.

Le papier est un élément essentiel pour la perception de la communication imprimée. Choisir le papier qui soutient le mieux le design graphique, l’identité corporate ou celle d’une marque est une décision stratégique. Avec le bon papier vous rajoutez une dimension au message et une expérience tactile à votre communication imprimée.

Les sortes de papiers non-couchés vous offrent des possibilités infinies en terme de teintes, toucher, état de surface et bouffant (volume ou main). Pour sûr, le papier sélectionné est une partie importante du message global et de l’image de marque.

Ci-dessous, nous présentons quelques domaines d'application, les propriétés spécifiques des papiers non-couchés et quelques conseils pour vous aider dans le processus de production de vos imprimés.

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Livres avec textes, sans illustrations

Pour ce type de livres, nous exigeons une opacité satisfaisante pour l’application - de sorte que le texte imprimé ne "perturbe" pas visuellement la lecture de l'autre côté de la feuille. Un autre facteur est le bouffant (le volume ou la ”main” du papier), c'est-à-dire le quotient de l’épaisseur et du grammage du papier. Si vous comparez deux feuilles de papier du même grammage mais avec deux épaisseurs différentes, le papier le plus épais aura le bouffant ou l’indice de ”main” le plus haut. A partir d’une main => à l’indice1,5, on parle d’un papier bouffant. Ils sont les plus utilisés dans l’édition et la fabrication de livres. Les grammages les plus demandées pour cette application sont les 60 au 80 g/m².

Pour un même grammage, un papier peut donc être plus ou moins épais, et avoir un indice de main ou « bouffant » plus ou moins élevé. Rapporté à l’échelle du livre ; un livre fabriqué avec un papier d’une main élevée aura une épaisseur du dos plus large qu’un livre fabriqué avec un papier d’une main inférieur. Parfois, il est même possible de faire ce qui est appelé « le saut de grammage », c’est-à-dire d’utiliser un grammage inférieur, à bouffant supérieur, et garder un dos du livre épais. Un livre épais a souvent une apparence « impressionnante» et vendeur !
Par ailleurs, souvenons-nous que les papiers de blancheur naturelle ou de teinte crème favorisent une lecture prolongée.

Une opacité élevée, une main élevée (1,5-2,0) et une blancheur plus naturelle font partie des paramètres typiques des papiers contenant du bois, fabriqué à partir de pâtes mécaniques et pâtes recyclées. Leurs inconvénients sont une tendance au poussiérage et une plus faible résistance au vieillissement (avec jaunissement) en raison de la teneur en lignine. Pour une qualité qui dure dans le temps, choisissons un papier bouffant « sans bois » (comme le Munken Premium) ou des papiers avec « légère trace de bois », donc avec une part limitée de pâte mécanique (comme le Munken Print).

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Livres et documents avec texte et illustrations monochromes ou bicolores

Pour cette catégorie de livres ou documents, les exigences qualitatives sur le papier sont légèrement plus élevées. Nous insistons davantage sur l'opacité et la main mais aussi sur les qualités de reproduction des photos en noir et blanc. Il y a de bonnes raisons d'opter ici pour des papiers avec un bon collage de surface.  Moins absorbant, il limitera l’élargissement du point lors de l’impression en offset et toute tendance au poussiérage sera limitée. Comment vérifier si un papier a un encollage en surface ? Appliquez une goutte d'eau sur la surface du papier - elle devrait y rester pour un bon bout de temps, alors que sur un papier sans encollage, l’eau sera immédiatement absorbée. Les grammages que nous privilégions pour ce type de travail sont généralement compris entre 80 et 120 g/m², tandis que la valeur de la main varie de 1,3 à 2,0.

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Livres avec reproductions en couleur, albums, calendriers muraux, communication publicitaire haut de gamme, etc.

Pour ce type de travaux, nous rechercherons des papiers de qualité supérieure, conçus pour une impression en couleur. Le lissé de surface du papier devient ici un paramètre important. Plus la surface du papier est lisse, plus les détails d'une photo ou d’une image seront visibles. L’élargissement du point sera limité, ce qui se traduira par une meilleure reproduction des couleurs. Les papiers non couchés haut de gamme (ou Design) sont encollés en surface et fabriqués à partir de pâte sans bois de fibres de cellulose - la matière première la plus noble. Ces papiers se caractérisent par des paramètres de résistance optimale, un lissé élevé, une résistance au vieillissement et une faible tendance au poussiérage. Leur opacité relativement faible peut être considérée comme le seul point faible. Lorsqu’on imprime des photos, une opacité de 95% est très confortable et pour des aplats elle peut être de 97%. Par conséquent, nous devons rechercher des niveaux de grammage légèrement plus élevés (l'opacité du papier augmente avec son grammage croissant) - minimum 100 g/m². Il est aussi possible de jouer sur la mise en page pour maîtriser l’opacité. La main des papiers non couché utilisés pour ces documents se situe généralement entre 1,1 à 1,4.

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Comme je l'ai déjà mentionné, on obtient aujourd’hui d’excellents résultats d’impression d’ouvrage en couleurs sur de beaux papiers non couchés. Cependant, cela nécessite un peu de préparation et de travail en amont, notamment en photogravure.

Commençons par la sélection du point de trame. La plus petite trame possible à utiliser sur un papier donné dépend de sa capacité d'absorption et de sa rugosité de surface. Pour le papier plus rugueux est le plus absorbant, nous devons appliquer un point de trame plus gros (par ex 133 lpp). En général, pour les papiers non couchés, il faut choisir un point de trame entre 133 et 175 lpp. La sélection de la trame est généralement effectuée par l'imprimerie, mais il est toujours conseillé de consulter et de demander à l'imprimeur pourquoi il a pris telle ou telle décision.

Ensuite, il faut faire la compensation de l’élargissement du point. L'impression sur un support rugueux et absorbant est associée à une augmentation de la taille des points. Cela entraînera des pertes de détails dans les zones d'image plus sombres ainsi qu’une réduction du contraste. Par conséquent, on doit compenser pour cet élargissement du point qui dépend de plusieurs facteurs : le type de papier, le point de trame choisi, aux performances de la presse d’imprimerie, à la qualité de l'encre, etc. La meilleure solution est de prendre rendez-vous avec l’imprimeur et s’informer sur son choix de profil ICC pour le papier non couché. L'imprimerie peut parfois nous fournir son propre profil. Il est fortement déconseillé d’utiliser un profil ISO Coated (pour papier couché) sur un papier non-couché.

Afin de ne pas appliquer une charge d'encre excessive sur le papier lors de la séparation des couleurs, la couverture d'encre maximale doit être déterminée. Cette charge concerne la somme des pourcentages de chaque couleur CMJN (Cyan, Magenta, Jaune, Noir – chacune représentant, en théorie, un maximum de 100%) dans une zone donnée de l'impression.

Il est, par exemple, possible de réduire la charge d’encre, en remplaçant l'utilisation des couleurs CMJ par une plus grande charge d'encre noire. En supposant que la presse d’imprimerie a été calibrée avec précision et que les matériaux sont correctement configurés, la charge d'encre pour un papier non-couché peut atteindre 280% maximum. La valeur de 260% est recommandée dans les applications standard, car une charge trop élevée apporte rarement un meilleur résultat. Au contraire, elle peut causer des problèmes de non séchage des encres comme le maculage.

L'utilisation de profils ICC généraux, proposés par les fabricants de papier, peut être une bonne solution. Un tel profil garantit une compensation appropriée de l’élargissement du point, résultant des caractéristiques du papier. Ce profil contient également l'algorithme de couverture d'encre totale. La société Arctic Paper a conçu ce type de profils pour la plupart de ses papiers mats non couchés et couchés. Les profils, ainsi que les instructions d'utilisation, peuvent être téléchargés sur le site: https://www.arcticpaper.com/fr-FR/Arctic-Paper/Arctic-Paper/Arctic-Paper-ICC-Web-Service/Profils-ICC/ 

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Souvenons-nous cependant que l'outil le plus important dans le processus de gestion des couleurs n'est pas un spectromètre mais ... un téléphone. Une bonne communication, maintenue entre le client, le designer graphique et l'imprimerie dès la planification du projet, permettra d'éviter les malentendus et de nombreux problèmes après le déclenchement de la production.

GLOSSAIRE:

papier couché - papier revêtit d’une sauce de couchage constituée de kaolin et des pigments-adhésif.
papier sans bois - papier fabriqué à partir de pâte blanchie chimiquement et ne contenant ainsi pas de lignine.
papier avec bois - papier contenant de la lignine (colle naturelle des fibres de bois), produit principalement à partir de pâtes mécaniques (blanchie par voie mécanique).
collage en surface - application d'une couche d’amidon sur le papier. Ce procédé augmente la résistance du papier à l'abrasion, réduit l’absorption de l'encre et diminue le poussiérage.
le grammage = le poids du papier (exprimé en grammes) par m².
la main ou le bouffant du papier – le rapport entre l'épaisseur du papier (exprimé en micromètres ou en microns) et le grammage du papier (en g/m²). Les papiers non couchés lisses présentent une main d’environ 1,1. Les papiers bouffant ont une main de 1,5 – 2,0.
l'opacité du papier - définit le niveau de non transparence de la lumière à travers le papier. Elle se mesure en %, 100% étant un papier totalement opaque (cela concerne en général uniquement les forts grammages).
• un aplat en ton direct – couverture d’encre sur 100% de la surface du support, une surface imprimée avec une seule couleur non tramée. 
tramée - technique utilisée dans l'impression pour simuler les images de tons continus telles que les photographies, utilisant de minuscules points.
trame traditionnelle en modulation d’amplitude AM – la trame la plus répandue.  Une trame dans laquelle l’effet de ton continue résulte des changements de taille des points reparties uniformément sur une grille. Autres termes : trame traditionnelle ou conventionnelle.
point de trame - un élément de l'image tramée. C'est un point qui est recouvert d'encre lors de l'impression.
la linéature - dans la trame AM, elle définit le nombre de rangés de points, configurées parallèlement les unes aux autres, par unité de longueur. La linéature est exprimée en lignes par pouce - lpi ou - plus rarement - en lignes par centimètre, lpc.
modèle de couleur CMJN – Les encres du processus d’impression quadrichromie – Cyan, Magenta, Jaune et Noir (couleur clé). En combinant ces quatre couleurs, elles créent toutes les autres couleurs finales dans une image imprimée.
taux d’encrage maximum - paramètre qui détermine le montant maximum de toutes les encres CMJN, qui peuvent être utilisés en impression offset. Il y a une charge de 0 à 100% pour chacune des quatre couleurs CMJN. Ainsi, théoriquement, nous pouvons obtenir une valeur maximale de 400%. En d'autres termes: Charge totale ou couverture totale en encre.
maculage - défaut d'impression caractérisé par le transfert d'encre humide sur le verso de la feuille posée au-dessus dans le bac de sortie de la presse. Dans les cas extrêmes, cela peut entraîner le collage des feuilles dans la pile.

NB. Cet article contient des recommandations à titre d'information. Arctic Paper n'est pas responsable des différences de résultats dues aux conditions en vigueur chez les imprimeurs.

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